Guide · mis à jour le 12 octobre 2026
Fax, alarme, ascenseur : ce qui ne se migre pas comme le reste.
Quand une PME passe à la téléphonie IP, les téléphones sont la partie facile. Ce qui décide si la migration se passe bien, c'est ce qui dort dans la salle technique : des appareils branchés sur des lignes analogiques, souvent depuis quinze ans, que personne n'a inventoriés.
Ce guide dit lesquels passent, lesquels passent mal, et lesquels ne devraient pas passer du tout — avec la raison, et quoi faire à la place.
- Le plus fréquent
- L'aiguilleur de ligne
- Le télécopieur en IP
- Marche ~95 % du temps
- Ascenseur et alarme
- Une vraie ligne vaut mieux
- Coût d'une ligne gardée
- Environ 15 $ par mois
L'inventaire
Ce qu'on trouve encore branché, dans l'ordre.
Classé par ce qu'on rencontre le plus souvent sur le terrain, et non par ce qu'on imagine.
- L'aiguilleur de ligne analogique
- Le petit boîtier qui fait faire deux jobs à une seule ligne : la voix et le télécopieur. C'est l'appareil le plus courant, et il raconte quelque chose — le client avait déjà cherché à couper ses coûts. C'est précisément lui qu'on vient voir aujourd'hui.
- Le télécopieur
- Rarement utilisé, jamais débranché. Souvent le seul appareil qu'on remarque — et celui qui donne le plus de trouble en IP.
- L'ouvre-porte ou l'interphone d'entrée
- Branché sur une ligne ou sur un poste du système. Celui-là passe sans histoire.
- Le modem d'une machine
- Pompe, compresseur, système de ventilation : un équipement qui appelle tout seul quand quelque chose cloche. Personne au bureau ne sait toujours qu'il existe.
- Le paging et les haut-parleurs
- L'annonce dans l'entrepôt, la cloche de fin de quart. Se raccorde au système IP sans difficulté particulière.
- Le téléphone d'ascenseur
- Moins fréquent, mais c'est celui qui ne tolère aucune approximation.
- Le panneau d'alarme
- Intrusion ou incendie. Le plus rare des sept, et le deuxième qui ne tolère aucune approximation.
Le télécopieur
Il marche 95 % du temps. C'est le problème.
Un fournisseur vous dira que le télécopieur passe en IP, et il n'aura pas tort : il existe une norme faite exactement pour ça, et des adaptateurs qui l'implémentent. Dans les faits, le protocole du télécopieur se marie mal avec la téléphonie IP — il a été conçu pour une ligne continue, pas pour des paquets qui arrivent chacun à leur rythme. Et même avec la norme prévue, personne ne le livre correctement.
Partout où nous sommes passés, le résultat est le même : ça marche environ 95 % du temps.
95 % n'est pas un taux de réussite, c'est un envoi sur vingt qui se perd — et le propre d'un télécopieur, c'est que personne ne s'en aperçoit.Pour un bon de commande ou un document légal, ce chiffre est inacceptable.
C'est pour ça que nous ne vendons pas le télécopieur sur IP comme une fonction qui fonctionne. Nous disons ce qu'il en est, et nous laissons le client décider.
L'ascenseur et l'alarme
Ce qui doit survivre à une panne de courant ne doit pas dépendre d'Internet.
Techniquement, les deux passent : un adaptateur analogique fait le pont, et ça fonctionne. Le jour où tout va bien, personne ne voit la différence.
Le problème est ailleurs. Une ligne analogique classique est alimentée par le réseau téléphonique : elle fonctionne quand le courant est coupé dans le bâtiment. Une ligne IP, non — elle dépend de votre routeur, de votre lien Internet et de l'alimentation électrique. Or le téléphone d'ascenseur et le panneau d'alarme servent précisément dans les moments où le reste ne va pas.
Notre recommandation : garder une vraie ligne pour ces deux-là. C'est quelques dollars par mois contre un appel qui doit passer le jour où quelqu'un est coincé entre deux étages.
Si le client tient absolument à tout basculer, c'est faisable : adaptateur analogique, configuration initiale plus longue, et un onduleur sur l'adaptateur — sans quoi la précaution ne vaut rien. Nous le ferons, en le disant.
Récapitulatif
Ce qu'on fait, appareil par appareil.
À faire avant de choisir une date de migration, pas après.
- Aiguilleur de ligne
- Retiré. Il n'a plus de raison d'être : il servait à partager une ligne entre la voix et le fax, et ni l'un ni l'autre ne passe plus par là.
- Télécopieur
- Fax par courriel en premier choix : plus de ligne, plus de papier, et une trace de chaque envoi. Si le télécopieur physique est une nécessité absolue, un adaptateur dédié — en sachant, et en l'ayant dit, que ce ne sera pas parfait.
- Ouvre-porte, interphone
- Se raccorde. Pas de difficulté particulière.
- Modem de machine
- Se raccorde — à condition de l'avoir trouvé. C'est l'oublié typique de l'inventaire.
- Paging et haut-parleurs
- Se raccorde au système IP.
- Téléphone d'ascenseur
- Vraie ligne conservée. Adaptateur possible si le client le demande : plus de configuration, et un onduleur.
- Panneau d'alarme
- Vraie ligne conservée. Même logique, mêmes conditions.
Ce que ça coûte
Les lignes qu'on garde se comptent.
Une ligne analogique coûte environ 15 $ par mois. Dans une PME ordinaire, on en trouve souvent cinq — soit 900 $ par année, auxquels s'ajoute l'entretien d'un vieux système téléphonique analogique que de moins en moins de monde sait réparer.
L'intérêt de l'inventaire est là : sur ces cinq lignes, la plupart ne servent plus. Elles ont été installées pour un télécopieur remplacé depuis, pour un terminal débranché, pour un usage que personne ne se rappelle. Celles qui restent — l'ascenseur, l'alarme — sont des dépenses justifiées. Les autres sont une facture que personne n'a relue.
Et si, sur votre facture, vous voyez une ligne appelée « frais de réseau » : ce n'est pas une taxe. Le 9-1-1 est une contribution réglementée, identique partout ; les frais de réseau sont ajoutés par le fournisseur, qui pourrait ne pas les charger.
Un appareil qu'on découvre le jour de la bascule est un appareil qui ne fonctionnera pas ce jour-là.
L'inventaire de la salle technique n'est pas une formalité administrative : c'est la partie de la migration qui décide du reste. Une demi-heure avec une lampe de poche évite la semaine où le télécopieur de la comptabilité ne reçoit plus rien et où personne ne fait le lien.
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande le plus souvent.
- Un télécopieur fonctionne-t-il en téléphonie IP ?
- Techniquement oui, et il existe une norme faite pour ça. Dans les faits, le protocole du télécopieur supporte mal la téléphonie IP et personne ne le livre correctement : on observe environ 95 % de réussite. Pour un document qui compte, un envoi perdu sur vingt — sans que personne s'en aperçoive — n'est pas acceptable. Le fax par courriel règle le problème à la source.
- La norme T.38 ne règle-t-elle pas le problème ?
- C'est la norme prévue pour transporter le télécopieur sur IP, et elle améliore les choses. Elle ne les règle pas : partout où nous sommes passés, même avec un bon adaptateur, le résultat reste de l'ordre de 95 %. Un fournisseur qui vous vend le télécopieur sur IP comme une fonction qui fonctionne vous vendra aussi l'explication le jour où ça ne fonctionne pas.
- Peut-on garder le téléphone d'ascenseur sur une ligne IP ?
- C'est possible avec un adaptateur analogique, mais ce n'est pas prudent : une ligne analogique classique fonctionne pendant une panne de courant, une ligne IP non. Nous recommandons de garder une vraie ligne pour l'ascenseur. Si le client préfère tout basculer, il faut une configuration plus soignée et un onduleur sur l'adaptateur.
- Et le panneau d'alarme ?
- Même raisonnement : c'est l'appareil qui doit fonctionner précisément quand le reste ne fonctionne plus. Une vraie ligne conservée est la solution que nous recommandons, et elle coûte quelques dollars par mois.
- Combien coûtent les lignes analogiques qu'on garde ?
- Environ 15 $ par mois par ligne. Une PME ordinaire en a souvent cinq, soit à peu près 900 $ par année, plus l'entretien du vieux système téléphonique qui les gère. La question utile n'est pas de les éliminer toutes, mais de savoir lesquelles servent encore.
- Qu'est-ce qu'un aiguilleur de ligne, et faut-il le garder ?
- C'est le petit boîtier qui permet à une seule ligne de servir à la fois pour la voix et pour le télécopieur. C'est l'appareil le plus fréquent dans les salles techniques. Après une migration, il n'a plus de raison d'être : on le retire.
- Comment savoir ce qui est branché chez moi ?
- En regardant. L'inventaire se fait sur place, dans la salle technique, avant de choisir une date de bascule — pas après. C'est une demi-heure, et c'est la partie de la migration qui détermine si le reste se passe bien.
Faire l'inventaire avec vous.
Dites-nous ce que vous avez de branché — ou dites-nous que vous ne savez pas, c'est la réponse la plus fréquente. On regarde ensemble ce qui doit rester sur une ligne et ce qui peut partir.
- Courriel
- telecom@opsnode.ca
- Téléphone
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